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# Hangar 18
- URL: https://www.klaerenn.fr/hangar-18/
- Published: 2026-09-01T08:00:29.000Z
- Updated: 2026-09-06T15:37:32.000Z
- Description: Trois textes présidentiels en dix jours de juin 2026. Ni une régulation, ni un régime de sûreté : un inventaire. Washington mesure en secret la capacité cyber des modèles frontière, la protège, et en distribue l'accès par désignation. L'Europe vise 2027 pour savoir mesurer.
- Author: Franck Rouxel
- Tags: Tribunes

> *« ...frontier AI systems made elsewhere that others can suddenly switch off. »* — Commission européenne, COM(2026) 577 final, 7 juillet 2026

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Le 2 juin 2026, un executive order, décret présidentiel d'application immédiate sans vote du Congrès, confie au directeur de la NSA la mesure des capacités cyber offensives des modèles d'IA les plus avancés¹. Le processus de benchmarking est classifié. Le seuil qui déclenche la désignation « covered frontier model » est classifié. Les évaluations sont partagées avec les développeurs « as appropriate ». Soixante jours plus tard, aucun document ne paraît à l'échéance du 1er août. Le cadre existe pourtant : il est présenté aux industriels le 4 août lors d'une réunion à huis clos conduite par le National Cyber Director Sean Cairncross, et la Maison-Blanche annonce qu'elle ne le publiera pas². Livré, non publié.

Une administration qui a fait de la dérégulation de l'IA un marqueur politique vient d'écrire un régime de revue pré-publication des modèles frontière. La contradiction est apparente. Elle se dissout dès qu'on lit ce que les textes organisent : ni une régulation, ni un régime de sûreté. Une comptabilité.

## Trois textes en dix jours

L'executive order 14409 du 2 juin s'intitule « Promoting Advanced Artificial Intelligence Innovation and Security »¹. Sa section 3 crée le processus de benchmarking classifié et le cadre volontaire : les développeurs peuvent soumettre leurs modèles au gouvernement fédéral jusqu'à 30 jours avant publication, et collaborer avec lui pour sélectionner des « trusted partners » qui recevront un accès anticipé. Sa section 2(d) crée un « AI cybersecurity clearinghouse » piloté par le Trésor avec le National Cyber Director, la NSA et la CISA, chargé de coordonner et de « déconflicter » la recherche de vulnérabilités, de les découvrir, de les valider, et de prioriser leur remédiation. Sa section 3(c) exclut expressément toute licence, pré-autorisation ou permis obligatoire.

Le 5 juin, le mémorandum présidentiel NSPM-11 abroge la directive IA de l'administration Biden et ordonne l'accélération de l'adoption des modèles frontière dans l'appareil militaire et de renseignement³. Le 12 juin, NSPM-12 réorganise la gouvernance des National Security Systems, les systèmes d'information traitant du renseignement, des opérations militaires ou de données classifiées : il abroge une directive de 1990 et un mémorandum de 2022, et consolide le directeur de la NSA comme « National Manager » de l'ensemble⁴. L'architecture ainsi remplacée est antérieure de vingt-huit ans à la création de la CISA.

Les trois textes partagent une architecture. Selon Axios, qui a obtenu le contenu du cadre d'août auprès de sources présentes aux réunions, un « covered frontier model » y est défini comme un modèle propriétaire, à capacités état de l'art, présentant des risques de sécurité nationale, sans définition de l'état de l'art ni du risque². Les modèles à poids ouverts sont exclus, et le texte précise que rien ne doit être interprété comme les restreignant après publication. Reuters corrobore ce périmètre de source indépendante : le 4 août, les conseillers de la Maison-Blanche ont indiqué aux développeurs réunis, Meta et Nvidia s'ajoutant aux trois laboratoires, que les modèles à poids ouverts, Llama et Nemotron compris, ne passeraient pas par les tests volontaires⁵. Pendant la fenêtre de 30 jours, les modèles soumis sont stockés en environnement haute sécurité, avec journalisation détaillée des accès. Le contenu du cadre repose sur les sources anonymes de deux rédactions au sourçage distinct ; aucun document public n'existe. Le benchmark classifié, lui, figure dans le texte de l'executive order.

La seule déclaration officielle nommée donne le registre : la porte-parole Liz Huston décrit un dispositif au service de la stratégie « America First » et visant à « cimenter la domination américaine en matière d'IA »⁵. En face, le groupe Americans for Responsible Innovation objecte qu'un règlement ne contraint que si ceux qui sont extérieurs aux entreprises en connaissent les règles⁵. La contestation est venue de trois côtés en six semaines : une demande d'accès aux documents déposée auprès du bureau du National Cyber Director par la Foundation for American Innovation, groupe de réflexion technologique classé au centre droit, pour obtenir la publication du cadre⁶, une lettre sénatoriale du 3 août reprochant à l'administration une approche imprévisible qui renforce les incitations de marché à adopter des modèles à poids ouverts de fournisseurs étrangers⁷, et la lettre du sénateur républicain Ted Budd, en juin, sur le silence imposé aux évaluations publiques. Cairncross a pour sa part décrit un texte cherchant un équilibre, en veillant à ne pas être de nature réglementaire⁸.

## Le lexique dit la fonction

Les mots choisis par ces textes n'appartiennent pas au registre de la régulation. « Deconflict » vient du ciblage : on déconflicte des feux, des opérations qui risquent de se gêner. « Clearinghouse » vient de la compensation bancaire, cette chambre où des flux se soldent entre parties. Dire qu'on « priorise la remédiation », c'est admettre une catégorie résiduelle de vulnérabilités non remédiées, et une instance qui en décide. Les « trusted partners » sont des bénéficiaires choisis, sans critères publiés, et « covered » est le terme des régimes de contrôle export.

Un régime de sûreté définit des obligations et publie ses seuils. Un régime de contrôle export définit des interdictions et publie ses listes. Le dispositif de juin ne fait ni l'un ni l'autre : il mesure en secret, il recense, il alloue. Le vocabulaire est celui de la gestion d'actifs. On ne publie pas l'inventaire d'un arsenal.

La séquence des instruments confirme cette lecture. La section 3 mesure la capacité. La section 2(c)(iii) charge la CISA d'en faciliter l'accès aux agences fédérales, aux États, aux collectivités et aux opérateurs d'infrastructures critiques, jusqu'aux hôpitaux ruraux et aux banques locales. La section 2(d) organise le tri des vulnérabilités que cette capacité découvre. La section 4 renvoie le traitement du mésusage au droit pénal existant, une fois le dommage constitué. L'amont ne restreint rien : la section 3(c) l'écrit. L'amont compte, protège et distribue.

L'exclusion des modèles à poids ouverts se lit dans le même cadre. Elle passe pour une lacune de périmètre, puisque la capacité offensive ne dépend pas du mode de distribution et qu'un poids ouvert échappe par construction à toute révocation. Elle relève plutôt d'une répartition des fonctions. Le National Cyber Director Sean Cairncross a déclaré début août vouloir que l'IA open source américaine devienne une technologie de choix dans le monde entier, au moment même où la Maison-Blanche écartait ces modèles des tests volontaires⁸. Deux régimes pour deux emplois : le fermé est un actif que l'on compte et dont on distribue l'accès, l'ouvert un instrument que l'on diffuse. On n'inventorie que ce que l'on garde.

## La clause de l'interrupteur

NSPM-11 contient la disposition la plus dure de l'ensemble. Sa section 2(c) exige, par clauses contractuelles ou autres moyens, qu'aucune entité commerciale ne conserve la capacité « d'empêcher l'usage, de désactiver, dégrader ou modifier matériellement, sans connaissance et approbation du gouvernement fédéral », un système d'IA employé par les forces américaines³. L'État s'assure que le fabricant ne peut pas éteindre ce qu'il lui a vendu.

Sa section 3(b) fournit le moyen de pression : résiliation des contrats, sous-traitance comprise, avec toute entreprise montrant un « pattern of conduct » incompatible avec la politique du mémorandum, dérogations plafonnées à un an et rapportées par écrit à la Maison-Blanche⁹. Le Council on Foreign Relations identifie l'événement déclencheur : le contentieux entre le Pentagone et Anthropic, né du refus de l'entreprise d'abandonner deux limites contractuelles, l'interdiction d'employer ses modèles dans des armes autonomes létales et dans la surveillance de masse domestique¹⁰. Le Pentagone exigeait un usage « à toutes fins licites » et a désigné l'entreprise comme risque de chaîne d'approvisionnement. La clause de résiliation généralise ce précédent : un fournisseur qui maintient des conditions d'emploi sur ses propres modèles s'expose à l'éviction de la commande publique de défense et de renseignement.

Le 27 août 2026, une juge fédérale de Californie a annulé cette désignation, qu'elle qualifie de représaille illégale contraire au Premier Amendement et de décision arbitraire, prise au mépris de la procédure préalable exigée par le Cinquième¹¹. Deux constats de la décision portent au-delà du cas d'espèce. Sur la crainte technique d'abord : la juge relève que la limite d'usage est purement contractuelle, que l'entreprise n'a pas les moyens de la faire respecter techniquement ni de visibilité sur l'emploi du modèle, et que rien au dossier administratif ne décrit quels moyens produiraient les portes dérobées invoquées ou permettraient une désactivation. Dans le seul cas où l'État a invoqué le risque que la section 2(c) entend neutraliser, il n'a pas documenté que ce risque existait. Sur le régime d'allocation ensuite : quelques jours avant les mesures contestées, le secrétaire à la Défense proposait d'appliquer à cette même entreprise le Defense Production Act, loi de 1950 qui permet à l'État de contraindre un industriel à donner priorité aux commandes de défense, ce qui la supposait essentielle à la sécurité nationale, et le gouvernement discutait par ailleurs d'une collaboration sur son modèle le plus récent dans des contextes sensibles. Désigner et courtiser sont deux emplois d'un même pouvoir de désignation. Un appel reste possible et une seconde procédure demeure pendante à Washington.

Deux autres sections complètent le tableau. La section 4(c) organise la protection des « technologies d'IA les plus avancées d'Amérique » contre les « attaques de distillation malveillante », avec contrôle du personnel des laboratoires et sécurité physique des centres de données, sur le modèle du soutien apporté aux industriels de défense. La section 4(e) charge le renseignement de collecter et d'analyser les technologies d'IA étrangères sur l'ensemble de la chaîne technique.

Les quatre gestes d'une politique de patrimoine sont posés : mesurer son stock (executive order, section 3), le protéger du vol (NSPM-11, 4(c)), recenser celui de l'adversaire (4(e)), garantir que personne ne peut le désactiver (2(c)). Chaque geste est écrit dans un texte présidentiel de juin 2026.

## L'extinction de la couche publiante

Le Center for AI Standards and Innovation, composante du NIST, l'institut fédéral des normes, évaluait les modèles frontière avant leur publication et rendait ses conclusions publiques. Créé en 2023 sous le nom d'US AI Safety Institute, il a été renommé et sa mission recentrée sur les risques dits démontrables : cybersécurité, biosécurité, armes chimiques et biologiques¹². Au 5 mai 2026, il avait mené plus de quarante évaluations, y compris sur des modèles jamais rendus publics, et venait de signer des accords avec Google DeepMind, Microsoft et xAI, portant à cinq le nombre de laboratoires sous convention¹³. Le 26 juin, le sénateur Ted Budd écrit au National Cyber Director et au directeur de l'OSTP au sujet de rapports selon lesquels le centre a reçu instruction de cesser de publier ses conclusions¹⁴. Sa lettre relie l'instruction à l'executive order du 2 juin et au pouvoir qu'il confie au directeur de la NSA de décider quand le partage des évaluations avec les développeurs et les chercheurs est approprié. Le sénateur demande que ces travaux puissent reprendre, dans la mesure du possible.

Quarante évaluations publiques, puis le silence. La séquence est complète : le seuil de désignation est classifié, le cadre qui l'applique n'est pas publié, et l'organisme qui publiait a reçu l'ordre de se taire. Trois gestes, un seul effet.

NSPM-12 fixe la composition du Committee on National Security Systems : quatre membres, dont la NSA comme National Manager⁴. Le directeur de la CISA figure dans la liste des officiels autorisés à recommander des conseillers, en huitième position. L'agence créée en 2018 pour être le pivot civil de la cyberdéfense américaine n'est pas membre de l'organe qui gouverne les systèmes de sécurité nationale.

La division du travail traverse les trois textes. La NSA détermine le seuil, opère l'AI Security Center, gère les directives d'urgence, conduit les liaisons avec les gouvernements étrangers. La CISA facilite l'accès et distribue. Une agence décide, l'autre achemine.

Cette bascule a une conséquence documentée dans cette série. Depuis janvier 2026, le catalogue KEV de la CISA, liste publique des vulnérabilités dont l'exploitation par des attaquants est confirmée, constitue le dernier canal de partage accessible aux alliés, un flux minimal, déclassifié, alimenté selon des priorités américaines (article 7). Ce canal émane désormais d'une agence rétrogradée au rang d'avis consultatif dans son propre système. Un flux peut continuer de couler tout en cessant d'être connecté à ce que son émetteur sait, quand l'émetteur lui-même a cessé de savoir.

Les deux mouvements sont le même. Une agence civile écartée de la gouvernance, un centre civil d'évaluation privé de publication : ce qui s'éteint n'est pas une institution mais une couche, celle qui rendait public ce que l'État apprenait. Sur la capacité des modèles, il reste les publications volontaires des laboratoires et de leurs évaluateurs sous accord. La question posée par l'article 7 se repose mot pour mot, un étage plus haut : jamais la qualité de ce qui passe, toujours ce qui ne passe pas.

## L'intention indécidable

La lecture d'inventaire, développée ci-dessus, prête à l'exécutif une intention cohérente : la capacité IA traitée comme actif stratégique, mesurée en secret, allouée par désignation. Deux lectures concurrentes expliquent les mêmes textes.

Vient ensuite la lecture de dépendance, formulée de l'intérieur. Vinh Nguyen, premier responsable IA de la NSA avant de rejoindre le Council on Foreign Relations, décrit un appareil de sécurité nationale qui fonctionne sur une infrastructure qu'il ne possède pas : les hyperscalers ont construit le calcul, les laboratoires ont construit les modèles, et l'État est devenu le client d'une technologie qu'il n'a pas conçue et ne peut pas répliquer¹⁰. Dans cette grille, la clause de l'interrupteur et la menace de résiliation fabriquent du rapport de force là où la propriété fait défaut. L'État ne gère pas son patrimoine, il gère sa dépendance. Le constat judiciaire d'août pèse de ce côté : une clause qui interdit une désactivation dont le dossier administratif n'établit pas la faisabilité technique relève de l'appréhension autant que de la comptabilité.

Reste une lecture de capture, qui observe qui a tenu la plume. Trois laboratoires, Anthropic, OpenAI et Google, ont relu le brouillon du cadre avant sa finalisation¹⁵. Le résultat les institue fournisseurs stratégiques sans obligation opposable, écarte du périmètre leurs concurrents à poids ouverts, et réserve l'accès gouvernemental anticipé aux acteurs déjà dominants. Les entreprises aux systèmes moins avancés resteront hors du dispositif². Aucune intentionnalité étatique n'est requise pour produire ce texte : un rapport de forces industriel suffit.

Les trois lectures prédisent le même corpus documentaire. Le texte seul ne permet pas de les départager. Elles convergent en revanche sur un point : dans les trois cas, l'objet géré par Washington a cessé d'être le risque. C'est le stock.

## L'Europe en aval

L'AI Security Institute britannique, créé en novembre 2023 sous le nom d'AI Safety Institute et rebaptisé en février 2025¹⁶, évalue les modèles frontière avant leur publication, sous accords volontaires avec OpenAI, Anthropic, Google et d'autres¹⁷. Une centaine de personnes issues du renseignement, de l'académie et des laboratoires, 360 millions de livres de financement, aucun pouvoir contraignant. Son rapport de décembre 2025 agrège deux ans d'évaluations sur plus de trente modèles et mesure un doublement tous les huit mois environ de la durée des tâches qu'un modèle accomplit seul en cyber, de l'analyse d'un composant à l'enchaînement complet d'une intrusion¹⁸.

Côté Union, l'ENISA, agence de l'Union européenne pour la cybersécurité, négocie les conditions techniques et juridiques d'un premier test de modèle frontière¹⁹. Le plan d'action de la Commission du 7 juillet 2026 fixe le calendrier de rattrapage : un « European Blueprint » d'accès structuré avec l'ENISA au quatrième trimestre 2026, une capacité européenne d'évaluation visée pour 2027²⁰. Entre le premier test britannique et la capacité européenne opérationnelle, trois à quatre ans s'écoulent. Au rythme mesuré par l'AISI, cet écart représente quatre à six doublements de capacité. La distance entre Londres et Bruxelles ne se compte pas en années : elle se compte en générations de modèles.

L'accès britannique repose sur la discrétion des laboratoires. Il procède du sommet organisé par Londres à Bletchley Park les 1er et 2 novembre 2023, premier rendez-vous international consacré aux risques des modèles frontière, où vingt-huit États et l'Union européenne ont signé une déclaration commune et où les principaux laboratoires ont accepté de soumettre leurs modèles à des tests gouvernementaux avant publication²¹. Aucun instrument contraignant n'en est sorti ; le Royaume-Uni a simplement créé son institut le premier et signé le premier. L'executive order du 2 juin change le fondement de ce régime : les trusted partners sont désormais sélectionnés « en collaboration avec le gouvernement fédéral »¹. Ce que Londres a obtenu de la bonne volonté des laboratoires devra transiter par la désignation de Washington. Le plan de la Commission critique d'ailleurs les programmes d'accès « spécifiques aux fournisseurs » et leurs critères opaques²⁰ : sa cible a bougé pendant sa rédaction. Le Blueprint prévu au quatrième trimestre répond au régime précédent, celui où les laboratoires décidaient. Le décideur a changé.

Le même document contient l'aveu le plus net du dossier. La Commission écrit que sans calcul, modèles et infrastructures propres, l'Europe restera « un utilisateur vulnérable de systèmes d'IA frontière fabriqués ailleurs, que d'autres peuvent soudainement éteindre »²⁰. Trente-deux jours plus tôt, NSPM-11 interdisait contractuellement qu'on puisse éteindre les systèmes américains. Le même interrupteur, vu des deux côtés : Washington en exige la maîtrise, Bruxelles écrit sa crainte de le subir. Et les réponses diffèrent par l'outillage disponible : clauses de résiliation d'un côté, document d'orientation « sans obligation nouvelle pour les fournisseurs », mesures de contingence en cas de retrait d'accès et exploration d'achats groupés de l'autre²⁰. L'Union se dote, pour les modèles frontière, des instruments de la sécurité d'approvisionnement énergétique : clause de rupture, stock stratégique, achat commun. Ce choix d'outillage dit la position que Bruxelles s'assigne dans la chaîne.

Une cascade se dessine. Washington gère par contrat et par coercition sa dépendance envers des laboratoires qu'il ne possède pas ; Bruxelles gère par orientation et par contingence sa dépendance envers un régime d'allocation que Washington vient de nationaliser. Deux positions dans la même chaîne, le même problème, deux rapports de force. Même le canal international d'évaluation que le plan européen mentionne (le réseau de mesure des capacités IA avancées) est coordonné par l'institut britannique²⁰.

## Ce que je ne sais pas

Le contenu du cadre d'août repose sur des sources anonymes, recueillies par deux rédactions au sourçage distinct. L'exclusion des modèles à poids ouverts est le seul élément corroboré par les deux ; le périmètre exact, les critères de désignation et la liste des trusted partners ne sont confirmés par aucun document public. Seuls l'executive order, les deux mémorandums et le plan de la Commission sont citables en source primaire.

Je ne sais pas laquelle des trois lectures est la bonne. L'inventaire, la gestion de dépendance et la capture industrielle produisent les mêmes textes, et rien dans le corpus disponible ne permet de les falsifier l'une contre l'autre. Je ne sais pas non plus si le clearinghouse du Trésor produira un arbitrage réel entre rétention et remédiation, ou s'il rejoindra la liste des structures créées par executive order et restées des coquilles.

Je ne sais pas si la marginalisation de la CISA est une cause ou une conséquence : l'agence s'était vidée de sa direction avant ces textes, un an sans directeur confirmé, et elle est toujours dirigée par intérim au moment où son responsable présente publiquement le guichet de tri des vulnérabilités²². La NSA a pu occuper un espace laissé vacant autant que le conquérir. Les deux chronologies sont compatibles avec les faits.

Je ne sais pas, enfin, qui fixera la limite du licite dans l'emploi de ces systèmes. Le contentieux entre le Pentagone et son fournisseur portait sur deux interdictions d'usage ; le mémorandum tranche la question de la maîtrise technique sans trancher celle de l'autorité. Le laboratoire, l'exécutif, les tribunaux ou le Congrès : la ligne existe, l'autorité pour la tracer reste indéterminée¹⁰. La décision d'août apporte un premier élément de réponse sans clore la question. Elle porte sur une désignation antérieure, non sur la clause de résiliation du mémorandum, qui n'a pas encore été éprouvée devant un juge. Je ne sais pas si celle-ci survivrait au même contrôle.

## Le constat

En dix jours de juin 2026, Washington a écrit une politique dont l'objet a changé de nature. Les doctrines antérieures étaient des doctrines d'emploi, elles disaient comment agir dans le cyberespace. La stratégie cyber du Pentagone de 2018 en avait posé les deux termes : le defend forward, qui consiste à interrompre l'activité malveillante à sa source, sur des infrastructures étrangères, avant qu'elle n'atteigne les réseaux américains, et le persistent engagement, présence continue au contact de l'adversaire sous le seuil du conflit armé²³. La perturbation industrielle des infrastructures criminelles en est la déclinaison ultérieure (article 20). Les textes de juin organisent autre chose : ce que l'on possède, qui y accède, qui peut l'éteindre. L'étalon de mesure est entré au secret, l'agence qui publiait a quitté la table, et l'accès aux capacités les plus avancées se distribue désormais par désignation.

Pour un responsable de sécurité européen, la conséquence tient en une phrase : aucun indicateur exploitable ne sortira de ce dispositif. La caractérisation des capacités cyber offensives des modèles frontière restera dépendante des publications volontaires des laboratoires et de leurs évaluateurs, avec l'incitation au sous-report que cette situation comporte. Toute modélisation de menace intégrant ces capacités doit traiter les chiffres publics comme un plancher. Le plafond est dans les textes classifiés, et il n'y a plus de guichet pour le demander.

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*Vingt-quatrième article d'une série sur les failles structurelles de la cybersécurité occidentale :*

- *Article 1 :* [*La vulnérabilité de la gestion des vulnérabilités*](https://www.klaerenn.fr/la-vulnerabilite-de-la-gestion-des-vulnerabilites-quand-le-systeme-cense-nous-proteger-devient-notre-point-faible/)
- *Article 2 :* [*La dépendance européenne aux standards américains*](https://www.klaerenn.fr/la-dependance-europeenne-otage-dun-systeme-de-vulnerabilites-quelle-ne-controle-pas/)
- *Article 3 :* [*Les États, architectes cachés du marché noir des vulnérabilités*](https://www.klaerenn.fr/les-etats-architectes-caches-du-marche-noir-des-vulnerabilites-quand-la-defense-nationale-alimente-linsecurite-globale/)
- *Article 4 :* [*L'IA ou l'effondrement du modèle défensif occidental*](https://www.klaerenn.fr/lia-ou-leffondrement-du-modele-defensif-occidental/)
- *Article 5 :* [*Desert Power — survivre sans l'Empire*](https://www.klaerenn.fr/desert-power-survivre-sans-lempire/)
- *Article 6 :* [*I Am Altering the Deal*](https://www.klaerenn.fr/i-am-altering-the-deal/)
- *Article 7 :* [*Le dernier canal*](https://www.klaerenn.fr/le-dernier-canal/)
- *Article 8 :* [*Lord of Cyber War*](https://www.klaerenn.fr/lord-of-cyber-war/)
- *Article 9 :* [*Les faucons du numérique*](https://www.klaerenn.fr/les-faucons-du-numerique/)
- *Article 10 :* [*They Live... we sleep*](https://www.klaerenn.fr/they-live-2/)
- *Article 11 :* [*Soylent Green*](https://www.klaerenn.fr/soylent-green/)
- *Article 12 :* [*Ghost in the Binary*](https://www.klaerenn.fr/ghost-in-the-binary/)
- *Article 13 :* [*Now You See Me*](https://www.klaerenn.fr/now-you-see-me/)
- *Article 14 :* [*The Prestige*](https://www.klaerenn.fr/the-prestige/)
- *Article 15 :* [*Pitch Black*](https://www.klaerenn.fr/pitch-black/)
- *Article 16 :* [*The Thing That Should Not Be*](https://www.klaerenn.fr/the-thing-that-should-not-be/)
- *Article 17 :* [*Status: clean*](https://www.klaerenn.fr/fatal-merge-conflict/)
- *Article 18 :* [*Le Guépard*](https://www.klaerenn.fr/le-guepard/)
- *Article 19 :* [*The Usual Suspects*](https://www.klaerenn.fr/the-usual-suspects/)
- *Article 20 :* [*Kill one, spawn many*](https://www.klaerenn.fr/kill-one-spawn-many/)
- *Article 21 :* [*The Conversation*](https://www.klaerenn.fr/the-conversation/)
- *Article 22 :* [*Ceci n'est pas une attaque*](https://www.klaerenn.fr/ceci-nest-pas-une-attaque/)
- *Article 23 :* [*eXistenZ*](https://www.klaerenn.fr/existenz/)

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## Sources

¹ Executive Order 14409, « Promoting Advanced Artificial Intelligence Innovation and Security », 2 juin 2026\. Section 2(c)(iii) : facilitation d'accès par la CISA. Section 2(d) : clearinghouse formé par le Secrétaire au Trésor, en consultation avec le National Cyber Director, le Secretary of War via le directeur de la NSA, et le Secrétaire à la Sécurité intérieure via le directeur de la CISA ; « coordinates and deconflicts scanning for software vulnerabilities ». Section 3(a) : benchmarking classifié, détermination du seuil par le directeur de la NSA. Section 3(b) : cadre volontaire, 30 jours, trusted partners. Section 3(c) : exclusion de tout licensing obligatoire. [https://www.whitehouse.gov/presidential-actions/2026/06/promoting-advanced-artificial-intelligence-innovation-and-security/](https://www.whitehouse.gov/presidential-actions/2026/06/promoting-advanced-artificial-intelligence-innovation-and-security/?ref=klaerenn.fr) (publication au Federal Register : 91 FR 34565, [https://thefederalregister.org/documents/2026-11415/promoting-advanced-artificial-intelligence-innovation-and-security](https://thefederalregister.org/documents/2026-11415/promoting-advanced-artificial-intelligence-innovation-and-security?ref=klaerenn.fr))

² Curi, M., « Scoop: Inside Trump's AI framework », Axios, 4 août 2026\. Contenu du cadre selon des sources anonymes briefées : définition « closed-source », exclusion des modèles ouverts, stockage haute sécurité, journalisation des accès, non-publication du document. [https://www.axios.com/2026/08/04/trump-ai-framework-open-models](https://www.axios.com/2026/08/04/trump-ai-framework-open-models?ref=klaerenn.fr)

³ National Security Presidential Memorandum NSPM-11, « Artificial Intelligence in the National Security Enterprise », 5 juin 2026\. Section 2(c) : clause interdisant toute capacité commerciale de désactivation sans approbation fédérale. Section 3(b) : résiliation pour « pattern of conduct ». Section 4(c) : protection contre les « malicious distillation attacks ». Section 4(e) : collection sur les technologies d'IA étrangères. Abroge NSM-25 (octobre 2024). [https://www.whitehouse.gov/presidential-actions/2026/06/national-security-presidential-memorandum-nspm-11/](https://www.whitehouse.gov/presidential-actions/2026/06/national-security-presidential-memorandum-nspm-11/?ref=klaerenn.fr)

⁴ National Security Presidential Memorandum NSPM-12, « National Policy for the Cybersecurity of National Security Systems », 12 juin 2026\. Section 3(a) : composition du CNSS, quatre membres, directeur CISA parmi les conseillers. Section 5 : NSA National Manager, directives d'urgence, autorité cryptologique, liaisons étrangères (5(c)(viii)). Abroge NSD-42 (1990) et NSM-8 (2022). [https://www.whitehouse.gov/presidential-actions/2026/06/national-security-presidential-memorandum-nspm-12/](https://www.whitehouse.gov/presidential-actions/2026/06/national-security-presidential-memorandum-nspm-12/?ref=klaerenn.fr)

⁵ Rozen, C., « Trump advisers tell AI firms they will not safety-test open-weight models », Reuters, 4 août 2026\. Exclusion des poids ouverts (Nemotron, Llama) sur deux sources ; composition de la réunion (Meta, Anthropic, Google, Nvidia, OpenAI) sur cinq sources ; sourçage distinct de celui d'Axios. Déclarations nommées de Liz Huston (Maison-Blanche) et d'Americans for Responsible Innovation. Dépêche consultée via syndication intégrale, l'original reuters.com étant sous paywall. [https://www.yahoo.com/news/politics/articles/meta-anthropic-google-openai-meet-143841106.html](https://www.yahoo.com/news/politics/articles/meta-anthropic-google-openai-meet-143841106.html?ref=klaerenn.fr)

⁶ The Hill, « Trump administration's closed-door AI framework catches tech policy sector off guard », août 2026\. Demande FOIA de la Foundation for American Innovation auprès de l'Office of the National Cyber Director. [https://thehill.com/policy/technology/6017847-trump-closed-door-ai-framework-withheld/](https://thehill.com/policy/technology/6017847-trump-closed-door-ai-framework-withheld/?ref=klaerenn.fr)

⁷ Lettre sénatoriale du 3 août 2026 aux secrétaires Rubio, Bessent et Lutnick, à la cheffe de cabinet de la Maison-Blanche et aux directeurs Kratsios et Cairncross, sur l'accès aux modèles frontière. [https://www.gillibrand.senate.gov/wp-content/uploads/2026/08/Senate-AI-Model-Access-Letter.pdf](https://www.gillibrand.senate.gov/wp-content/uploads/2026/08/Senate-AI-Model-Access-Letter.pdf?ref=klaerenn.fr)

⁸ Nextgov/FCW, « Top cyber official wants US open-source AI adopted worldwide », août 2026 ; CyberScoop, « National cyber director lays out White House plans to secure AI without writing new rules », 5 août 2026\. Déclarations de Sean Cairncross sur la diffusion mondiale de l'open source américain et sur le caractère non réglementaire de l'executive order. [https://www.nextgov.com/artificial-intelligence/2026/08/top-cyber-official-wants-us-open-source-ai-adopted-worldwide/415222/](https://www.nextgov.com/artificial-intelligence/2026/08/top-cyber-official-wants-us-open-source-ai-adopted-worldwide/415222/?ref=klaerenn.fr) ; [https://cyberscoop.com/trump-ai-executive-order-open-source-strategy-sean-cairncross/](https://cyberscoop.com/trump-ai-executive-order-open-source-strategy-sean-cairncross/?ref=klaerenn.fr)

⁹ Crowell & Moring LLP, « NSPM-11: Trump's National Security Memorandum on AI — What Defense Contractors Must Know », 12 juin 2026\. Analyse contractuelle : résiliation « for default or for convenience », sous-traitants inclus, dérogations plafonnées à un an. [https://www.crowell.com/en/insights/client-alerts/national-security-memorandum-aims-to-accelerate-deployment-of-ai-and-streamline-procurement-aligned-to-administration-policies](https://www.crowell.com/en/insights/client-alerts/national-security-memorandum-aims-to-accelerate-deployment-of-ai-and-streamline-procurement-aligned-to-administration-policies?ref=klaerenn.fr)

¹⁰ Nguyen, V. et Horowitz, M., « What Trump's National Security AI Memo Gets Right — and Leaves Unresolved », Council on Foreign Relations, 9 juin 2026\. Contentieux Pentagone/Anthropic : refus de deux limites contractuelles (armes autonomes létales, surveillance de masse domestique), exigence « all lawful purposes », désignation comme risque de chaîne d'approvisionnement. Lecture « assured intelligence » de Nguyen, ancien premier responsable IA de la NSA. [https://www.cfr.org/articles/what-trumps-national-security-ai-memo-gets-right-and-leaves-unresolved](https://www.cfr.org/articles/what-trumps-national-security-ai-memo-gets-right-and-leaves-unresolved?ref=klaerenn.fr)

¹¹ Décision de la juge Rita Lin, US District Court, Northern District of California, 27 août 2026\. Représaille illégale au titre du Premier Amendement, décision « arbitrary and capricious », défaut de procédure préalable au titre du Cinquième ; caractère purement contractuel de la limite d'usage et absence, au dossier administratif, de description des moyens techniques de désactivation ; proposition d'application du Defense Production Act quelques jours avant les mesures contestées. Décision non consultée en texte intégral ; faits rapportés par plusieurs organes de presse convergents. [https://www.computerworld.com/article/4215393/federal-judge-rules-for-anthropic-in-pentagon-dispute-nullifies-government-supply-chain-risk-designation.html](https://www.computerworld.com/article/4215393/federal-judge-rules-for-anthropic-in-pentagon-dispute-nullifies-government-supply-chain-risk-designation.html?ref=klaerenn.fr) ; [https://www.npr.org/2026/08/28/nx-s1-5947951/judge-says-the-pentagon-cant-designate-ai-company-anthropic-a-supply-chain-risk](https://www.npr.org/2026/08/28/nx-s1-5947951/judge-says-the-pentagon-cant-designate-ai-company-anthropic-a-supply-chain-risk?ref=klaerenn.fr) ; [https://techcrunch.com/2026/08/28/anthropic-gets-its-first-court-win-over-the-pentagons-supply-chain-risk-label/](https://techcrunch.com/2026/08/28/anthropic-gets-its-first-court-win-over-the-pentagons-supply-chain-risk-label/?ref=klaerenn.fr)

¹² Center for AI Standards and Innovation (NIST) : institut créé en 2023 sous le nom d'US AI Safety Institute, renommé en juin 2025 par le Secrétaire au Commerce, mission recentrée sur les risques démontrables (cybersécurité, biosécurité, armes chimiques et biologiques). Évaluations partiellement conduites en environnement classifié via la TRAINS Taskforce. [https://labs.cloudsecurityalliance.org/research/csa-research-note-agentic-ai-governance-cisa-nist-caisi-2026/](https://labs.cloudsecurityalliance.org/research/csa-research-note-agentic-ai-governance-cisa-nist-caisi-2026/?ref=klaerenn.fr)

¹³ NIST, Center for AI Standards and Innovation : accords de test pré-déploiement annoncés le 5 mai 2026 avec Google DeepMind, Microsoft et xAI, portant à cinq les laboratoires sous convention avec OpenAI et Anthropic ; plus de quarante évaluations achevées, dont des modèles non publiés, certaines conduites en environnement classifié via la TRAINS Taskforce. [https://labs.cloudsecurityalliance.org/research/csa-research-note-agentic-ai-governance-cisa-nist-caisi-2026/](https://labs.cloudsecurityalliance.org/research/csa-research-note-agentic-ai-governance-cisa-nist-caisi-2026/?ref=klaerenn.fr)

¹⁴ Budd, T. (sénateur, R-NC), lettre au National Cyber Director et au directeur de l'OSTP, 26 juin 2026, et communiqué du 30 juin. Instruction faite au CAISI de cesser la publication de ses conclusions ; lien établi par le sénateur avec l'executive order du 2 juin et avec le pouvoir du directeur de la NSA de décider du partage des évaluations. [https://www.budd.senate.gov/2026/06/30/budd-calls-for-caisi-to-resume-publishing-research-on-frontier-ai-models/](https://www.budd.senate.gov/2026/06/30/budd-calls-for-caisi-to-resume-publishing-research-on-frontier-ai-models/?ref=klaerenn.fr) (texte de la lettre : [https://www.budd.senate.gov/wp-content/uploads/2026/06/CAISI-Letter\_.pdf](https://www.budd.senate.gov/wp-content/uploads/2026/06/CAISI-Letter%5F.pdf?ref=klaerenn.fr))

¹⁵ Curi, M., « White House finalizes AI framework behind closed doors », Axios, 3 août 2026\. Cadre achevé dans les délais ; relecture du brouillon par Anthropic, OpenAI et Google ; non-publication assumée par la Maison-Blanche. [https://www.axios.com/2026/08/03/white-house-finalizes-ai-framework-behind-closed-doors](https://www.axios.com/2026/08/03/white-house-finalizes-ai-framework-behind-closed-doors?ref=klaerenn.fr)

¹⁶ UK AI Security Institute : créé en novembre 2023 sous le nom d'AI Safety Institute dans le prolongement du sommet de Bletchley, renommé AI Security Institute en février 2025\. [https://www.aisi.gov.uk/](https://www.aisi.gov.uk/?ref=klaerenn.fr)

¹⁷ Reuters, « Britain Says it Is Open to AI Regulation if Voluntary Safeguards Fall Short », 4 août 2026\. Accès pré-déploiement de l'AISI sous accords volontaires avec OpenAI, Anthropic, Google. [https://www.insurancejournal.com/news/international/2026/08/04/880112.htm](https://www.insurancejournal.com/news/international/2026/08/04/880112.htm?ref=klaerenn.fr)

¹⁸ UK AI Security Institute, « Frontier AI Trends Report », 18 décembre 2025\. Deux ans d'évaluations, plus de trente modèles, doublement de la longueur des tâches cyber autonomes sur une période d'environ huit mois. Repris par la Commission européenne dans COM(2026) 577 final, note 1\. [https://www.aisi.gov.uk/frontier-ai-trends-report](https://www.aisi.gov.uk/frontier-ai-trends-report?ref=klaerenn.fr)

¹⁹ IAPP, « OpenAI grants European Commission access to new model as EU considers frontier AI cybersecurity risks », 28 mai 2026\. Négociation ENISA des conditions d'accès ; déclaration du porte-parole de la Commission sur l'accès via les pouvoirs d'exécution de l'AI Office à compter du 2 août 2026\. [https://iapp.org/news/a/openai-grants-european-commission-access-to-new-model-as-eu-considers-frontier-ai-cybersecurity-risks](https://iapp.org/news/a/openai-grants-european-commission-access-to-new-model-as-eu-considers-frontier-ai-cybersecurity-risks?ref=klaerenn.fr)

²⁰ Commission européenne, « Action Plan on Cybersecurity and Artificial Intelligence », COM(2026) 577 final, 7 juillet 2026\. Section 2.3 : critique des programmes d'accès « provider-specific », Blueprint « sans obligation nouvelle », mesures de contingence, achats groupés. Section 4.2 : « vulnerable user of frontier AI systems made elsewhere that others can suddenly switch off ». Section 5 : réseau d'évaluation coordonné par l'UK AISI. Key Actions 1 à 3 : capacité d'évaluation (2027), Blueprint (Q4 2026), plateforme de test (Q4 2026). [https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/library/eu-action-plan-cybersecurity-and-artificial-intelligence](https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/library/eu-action-plan-cybersecurity-and-artificial-intelligence?ref=klaerenn.fr) (communiqué : [https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/en/ip\_26\_1544](https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/en/ip%5F26%5F1544?ref=klaerenn.fr))

²¹ « The Bletchley Declaration by Countries Attending the AI Safety Summit, 1-2 November 2023 », GOV.UK, 1er novembre 2023\. Vingt-huit pays et l'Union européenne signataires ; premier sommet international consacré aux risques de l'IA de frontière ; engagement des principaux laboratoires à soumettre leurs modèles à des tests gouvernementaux avant publication. [https://www.gov.uk/government/publications/ai-safety-summit-2023-the-bletchley-declaration/the-bletchley-declaration-by-countries-attending-the-ai-safety-summit-1-2-november-2023](https://www.gov.uk/government/publications/ai-safety-summit-2023-the-bletchley-declaration/the-bletchley-declaration-by-countries-attending-the-ai-safety-summit-1-2-november-2023?ref=klaerenn.fr)

²² CyberScoop, 5 août 2026 : Nick Andersen, directeur par intérim de la CISA, présente publiquement le guichet Gold Eagle issu de la section 2(d). [https://cyberscoop.com/trump-ai-executive-order-open-source-strategy-sean-cairncross/](https://cyberscoop.com/trump-ai-executive-order-open-source-strategy-sean-cairncross/?ref=klaerenn.fr)

²³ US Cyber Command, « Achieve and Maintain Cyberspace Superiority: Command Vision for US Cyber Command », 2018, et Department of Defense Cyber Strategy, octobre 2018\. Définition du defend forward : interrompre l'activité malveillante à sa source, y compris sous le seuil du conflit armé. Fiche doctrinale USCYBERCOM « Cyber 101 : Defend Forward and Persistent Engagement ». [https://nsarchive.gwu.edu/sites/default/files/documents/semon9-giki0/2022-10-25-USCYBERCOM-Cyber-101-Defend-Forward-Persistent-Engagement.pdf](https://nsarchive.gwu.edu/sites/default/files/documents/semon9-giki0/2022-10-25-USCYBERCOM-Cyber-101-Defend-Forward-Persistent-Engagement.pdf?ref=klaerenn.fr)